Un désert à la campagne

Publié le par La petite infirmière

Un désert à la campagne

Il n'y a pas qu'au Sahara qu'il y a le désert.

Ici aussi, en pleine campagne, le désert existe. Le désert d'ici est invisible, il n'a pas de sable chaud, ni de soleil brûlant. Ici, où la vie est douce, où le stress de la ville n'a pas de place, où les logements ne sont pas chers, le désert progresse, handicapant peu à peu la vie des habitants. Les personnes âgées sont obligés de fuir, les familles avec enfants ne veulent plus venir s'installer. La campagne se vide. Ce désert qui progresse est un désert médical. On ne trouve plus de médecins qui veulent venir s'installer à la campagne. Les quelques médecins qui restent sont surchargés de travail et vieillissant. Ils font tout leur possible mais ne peuvent être partout à la fois.

Qui va les remplacer lorsqu'ils prendront leur retraite ? Les mairies essaient bien de recruter des médecins étrangers mais leurs conditions d'installation sont souvent trop chères pour nos petites communes.

Pourquoi la campagne n'intéresse-elle personne ? Trop d'heures, trop de kilomètres à faire, trop de gardes, pas assez de travail ou d'activité pour les conjoints, pas de fac de médecine à proximité.

Et les habitants dans tout ça ? Ils sont obligés de faire des kilomètres pour se rendre au cabinet médical (souvent, les enfants sont forcés de se libérer pour emmener leurs parents aux consultations), ils doivent patienter parfois plusieurs jours pour ceux qui ne peuvent se déplacer.

Et nous, les infirmières ? Qui appeler le samedi matin quand il n'y a pas encore de garde et qu'un patient est dans un sale état ? On compose le « 15 ». Leur réponse est sans appel : attendre l'après-midi (le médecin de garde pourra peut-être intervenir) ou envoyer les pompiers (et donc hospitalisation assurée).

On ne pourra pas continuer comme cela longtemps. Nos campagnes meurent, les gens partent. Ils veulent être soignés convenablement. Pourtant, je veux croire qu'il existe un oasis dans ce désert, que des médecins viendront s'installer dans nos campagnes où il fait bon vivre. Gardons espoir et agissons !

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