Infirmière un jour, infirmière toujours

Publié le par La petite infirmière

Infirmière un jour, infirmière toujours

J'ai presque toujours aussi loin que je me souvienne, voulut faire un métier médical. Le corps humain, il n'y a que ça de vrai. Je me suis toujours dit que la santé était la seule chose vraiment importante. Nous luttons pour vivre le plus longtemps possible. Participer modestement à cette lutte est pour moi la seule raison valable d'être séparée de ma famille tout au long de la journée. J'aurais difficilement pu appartenir à un autre corps de métier. J'ai tout d'abord " tenté" médecine mais le numerus clausus a eu raison ma motivation. Puis, je me suis inscrite par hasard au concours infirmier et là bingo, reçue du premier coup. Les trois ans de formation sont un mélange de bons (copains formidables, fêtes, découverte du milieu hospitalier, stages qui m'ont permis de prendre de l'assurance) et de mauvais (cours théoriques assommants, discours lissés des enseignants) souvenirs. Et puis, à la fin de la formation, le diplôme enfin. Pour la première fois, je découvre le vrai visage de ma profession à la fois passionnant et déroutant. Je suis désormais infirmière pour le meilleur et pour le pire. J'ai des responsabilités, je dois prendre des décisions. C'est difficile pour une jeune diplômée. Je travaille en milieu hospitalier. Dans cet univers particulier, je suis comme un poisson dans l'eau. Je me sens bien dans le travail en équipes. J'acquiers beaucoup de connaissances dans des services très techniques. Puis, je découvre le domicile d'abord en HAD puis en libérale. La joie de travailler pour soi sans devoir rendre de comptes à une quelconque hiérarchie (et oui le patron, c'est Bibi).

Aujourd'hui, après toutes ces années je ne regrette pas mon choix professionnel car même si j'en ai souvent marre, même si je me dis que j'aurais pu faire autre chose, même si je ne vois pas assez ma famille, j'aime mon métier. Je l'aime profondément. C'est pourquoi je dédie ce petit billet à tous les étudiants infirmiers. Tenez bon, le jeu en vaut la chandelle. Dans quelques semaines, cela fera seize ans que je suis diplômée. J'ai l'impression que c'était hier. Ces années de dur labeur sont passées comme un éclair.