En voiture, Simone !

Publié le par La petite infirmière

En voiture, Simone !

Quoi faire lorsque l’on a des enfants trop jeunes pour rester seuls à la maison, une panne de super-nounou et une tournée du soir qui nous appelle de son doux chant ? Et bien, lorsque l’on n’a pas d’autres solutions, on emmène tout ce petit monde pour une virée en voiture. Une virée de trois heures et une centaine de kilomètres, cela fait déjà une sacrée promenade !

Bien sûr, on a pensé à emporter tout le stock de BD et un bon goûter ! Sans oublier tout ce qui est électronique, qui se finit par « sole », que l’on maudit en temps normal mais que l’on est bien content d’avoir à portée de main en cas de force majeure. Et, emmener sa marmaille en tournée est un cas de force majeure !

Tout le petit monde est installé, attaché et briefé (une petite réunion de crise s’impose avant le départ afin d’éviter que notre bolide se transforme en champ de bataille). C’est parti mon kiki (non sans une petite appréhension) !

Premier arrêt et rappel des bases de la mission : « rester TRANQUILLE. Si problème, on lance un grand coup de klaxon. Tout est O.K, G.I ?! ». Je m’en vais chez mon premier patient. Les hobbits restent dans la voiture, trop compliqué de les emmener dans certaines maisons. Je fais fissa et ne traîne pas. Tout le monde m’attend sagement et remarque à peine mon retour, trop occupés à jouer. C’est mieux comme cela.

La tournée avance, les paysages défilent, les minutes aussi. De temps à autre, je les prends par la main et nous entrons ensemble dans une maison, accueillis par des « oh, ils sont trop mignons ». Je ressors le sourire aux lèvres et, eux les joues humides de bisous donnés par des mémés trop heureuses de voir débarquer ces charmantes têtes blondes (heu, brunes les têtes, en tout cas pour les miens).

La fin de tournée est longue pour eux. « Maman, c’est quand qu’on rentre ? » Bientôt, bientôt…encore quelques kilomètres et on retournera au bercail. Pour s’occuper entre deux arrêts, on organise un « ni oui, ni non » d’anthologie. La tournée du soir a pris des airs de fête. Dans la nuit, la veilleuse de l’habitacle transforme la voiture en salle de jeu. C’est vivant, ça bouge et ça rigole.

La journée se termine enfin. Je pousse un ouf de soulagement en me disant que finalement, tout s’est bien passé.

Après cette première expérience, il y aura, bien sûr, d’autres tournées en leur compagnie, des tournées où tout roulera comme sur des roulettes et d’autres plus chaotiques où le temps semblera figé et où la ballade sera marquée par des pleurs (« parce que cela dure trop longtemps et que la voiture, y’en a marre ! ») et des disputes (« parce qu’il s’est mis devant et que c’était mon tour »).

Les emmener n’est pas une partie de plaisir. Il y a le stress et tout et tout…Mais parfois, on ne peut pas faire autrement. Juste parce que dans la vie, il y a toujours de l’imprévu. Tant mieux, l’imprévu, cela permet de vivre un moment comme celui-là, suspendu entre deux mondes : celui du travail et celui de la famille. Un moment à la fois galère et inoubliable. Un moment où l’on montre, ne serait-ce qu’un tout petit peu, ce que l’on fait à nos enfants, un petit aperçu de notre boulot d’infirmière libérale. Et qui sait, cela créera peut-être des vocations… ou pas !

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