Le coup de la panne...

Publié le par La petite infirmière

Le coup de la panne...

Hier, a été une journée « presque » comme les autres. Je me suis levée comme d’hab, bon pied, bon œil (mouais, bof, bof), et suis partie de bon matin sur les chemins (mais pas à bicyclette, 250 kilomètres à vélo, très peu pour moi). La journée avait bien commencé, j’enchaînais les soins et les sourires telle une diva du libéral. Et puis tout à coup, au coin d’une route déserte (mais alors déserte de chez déserte, genre avec les boules de poussière qui roulent au vent comme dans les westerns spaghettis !), impossible de redémarrer. Madame M (lire pour ceux qui ne l’auraient pas déjà fait (les coquins !), l'article "Madame M et moi") ne voulait plus avancer, décidée à faire sa tête de Modus des mauvais jours. Je tournais la clé dans le contact avec frénésie mais rien n’y faisait. Je décidais cependant de rester zen (du moins d’essayer) parce que finalement cela ne servait à rien de s’énerver. Pourtant même en répétant « ne t’agace pas, ne t’agace pas, ne t’agace pas » une bonne cinquantaine de fois, je sentais pointer un soupçon de je ne sais quoi qui fait que la moutarde commence à monter au nez.

 

Je me suis dit qu’il fallait tout essayer :

- regarder le moteur et marmonnant des « hum, hum », genre je suis une pro de la mécanique. Sauf, que là, je ne voyais rien d’anormal et franchement, il faut bien avouer qu’à part changer une roue et faire les niveaux je n’y connais strictement rien !

- parler à ma Modus comme à une douce amie : « s’il te plaît, s’il te plaît, démarre ! Je te promets, je te laverai toutes les semaines. Tu seras étincelante ! »

Puis, bon, je réalisais que non seulement cela n'allait pas faire avancer mon bolide et qu’en plus j’avais l’air un peu courge, plantée là au milieu des champs, congratulant ma voiture !

- j’ai même essayé le truc de Marty Macfly dans « Retour vers le futur » (le « aller démarre » et le coup de tête dans le volant qui fait redémarrer la Delaurean comme par magie »). Je me suis juste cognée le front à mon volant sans que ma voiture avance d’un centimètre !

- « allez ma vieille, tu appelles l’assurance et tu te bouges ! »

J’ai pris mon téléphone, ai fait une petite prière pour avoir au moins une barre de réseau et ai appelé mon assurance. Au bout du fil, une dame plutôt sympa a pris mes coordonnées et après plusieurs « veuillez ne pas quitter », m’a annoncé qu’un dépanneur serait là dans trente minutes.

À cet instant précis, j'ai pensé à deux choses :

-premièrement la dame était tranquillement assise à son bureau, au chaud, buvant peut-être un bon café chaud pendant que je me gelais les fesses en pleine cambrousse, sans café ni bouillotte à mes pieds. Je peux vous dire qu’à cet instant, on se sent bien seule au milieu des champs et qu’on aimerait bien que la dame en question nous tienne compagnie au téléphone en attendant le dépanneur, histoire de tuer le temps en se racontant nos vies. Malheureusement, mon interlocutrice aussi aimable qu’elle fut, avait d’autres chats à fouetter et m’abandonna à ma solitude.

-deuxièmement, je risquais fort (sauf faille spatio-temporelle à disposition et qui permettrait d’accélérer le temps) d’être en retard.

 

J’attendais le camion de dépannage fébrile, regardant successivement ma montre et la route quand tout à coup : le voilà ! Je faillis sauter dans les bras du garagiste qui me regardait mi-amusé mi-effrayé par tant d’exaltation. En deux secondes, il a chargé madame M et, nous sommes partis pour un périple à travers la campagne jusqu’au garage le plus proche.

 

L’heure tournait beaucoup mieux que ma Modus qui semblait désespérément immobile. Au bout d’un moment, le garage réussit à me dégoter un véhicule de remplacement, me permettant ainsi de reprendre la route. Pendant le trajet, je m’interrogeais sur cette voiture qui m’accompagnait depuis deux longues années et qui semblait fatiguée. Deux années de démarrage, d’arrêt, de frein à main tiré, de pédale enfoncée, d’embrayage et de débrayage…Je me disais que c’était peut-être le moment de changer parce que la note risquait d’être salée quand mon téléphone a sonné. Le garagiste au bout du fil m’annonçait le diagnostique comme on annonce une longue maladie : c’est le démarreur, il y en a pour deux jours d’immobilisation et 350 euros de soins !

Bon ça va, ça aurait pu être pire. Allez-y, refaites lui une santé à ma Modus parce que je l’aime bien, elle est à mes côtés tous les jours. Elle supporte mes coups de gueule et mes coups de mou. Parce qu’aussi, s’il y a bien un truc que je déteste, qui m’agace par-dessus tout c’est bien le coup de la panne ! Alors, au boulot !

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