Débat sur les bas

Publié le par La petite infirmière

Rita Hayworth...

Rita Hayworth...

-Allo, la petite infirmière, je vous appelle, c’est pour venir me mettre des bas à varices. C’est le médecin qui m’a fait une ordonnance parce que moi, j’arrive pas….

En écoutant le message, mes yeux se sont instinctivement tournés vers le ciel et j’ai poussé un long soupir. C’était la troisième fois de la semaine que l’on me demandait de mettre ces satanés bas de contention. J’étais comment dire, un tantinet agacée de devoir expliquer à la charmante dame qui venait de me contacter que : non, l’ordonnance ne servait à rien parce que la pose de bas de contention, ça n'apparaît pas dans notre nomenclature.

-De votre nomen-quoi ? me demanda la petite dame un peu plus tard lorsque je tentais de lui expliquer que nous ne pouvions pas passer lui mettre…

-Mais, le docteur a fait une ordonnance donc c’est bon et puis, à la pharmacie, ils ont dit que vous prendriez les mesures…

Ben voyons ! Une pensée m'a, à cet instant, traversé l’esprit : m’accrocher une pancarte autour du cou « pas de bas pour l’infirmière ». Et, j'ai souri en m’imaginant dans la rue avec ma valise et ma pancarte croisant mes patients : « bonjour, m’sieur, dame. Non pas de p’tite pièce, merci ! »

Comment expliquer à une dame de 90 ans que la pose de bas de contention n’est pas prise en charge, que nous travaillons avec une nomenclature dépassée et vieillissante. Alors, je lui dis simplement que je passerai lui montrer. Vous voyez, vous prenez la chaussette comme ci, et vous tirez comme ça et après ciao, la faute à la nomenclature !

Je lui ai expliqué que même si le médecin faisait une ordonnance de « pose de bas de contention », cela ne faisait pas partie des soins qui étaient remboursés. Elle m’a dit que, oui, elle comprenait…Mais, j’ai bien vu, à sa tête, qu’il n’en était rien, qu’elle était à mille lieues des cotations et des nomenclatures. Ce qu’elle voulait, elle, c’était simplement que je vienne l’aider à mettre ses bas parce que vu son âge, c’était déjà assez compliqué comme ça. Elle m’a dit en souriant de ne pas m’inquiéter, qu’elle se débrouillerait. Et, je suis partie. Je lui ai tourné le dos et je suis partie, avec la désagréable impression qu’un brin de culpabilité m’avait envahie. Pourtant, je n’y étais pour rien, ni moi, ni tous les autres infirmiers libéraux qui étaient confrontés à cette situation. Je suis retournée à ma voiture, j’ai respiré un bout coup et j’ai démarré. Ras-le-bol ! Parce qu’au bout du compte, c’est bien nous les libéraux qui devons-nous justifier et qui l’avons dans le baba. Des bas dans le baba !

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Anne A. P. 28/02/2017 16:26

Et bien oui les bas, les gouttes ophtalmiques même après une intervention, et la dispensation du traitement même pour une personne très âgée qui a la tremblote et qui y voit mal ça n'existe pas.
La nomenclature me fait grincer des dents et m'exaspère.
M'exaspère aussi la "conseillère de la CPAM qui m'explique d'un ton docte que "vous travaillez TOUJOURS sous délégation médicale"; et le rôle propre alors? Et les 13 jours d'affilée sans médecin généraliste pendant la période des fêtes?
M'exaspère encore et toujours notre Marisol à nous qui trouve que nous coûtons trop chers et que le nombre de nos actes augmente, juste au moment où le nombre des interventions en ambulatoire explose, il n'y aurait pas un lien par hasard.
Et encore me peinent profondément le mépris dans lequel nous tiennent les institutions et autres "autorités de tutelle", garder l'envie de travailler relève parfois de la gageure;
Merci pour ce blog bienfaisant et si vrai
Anne

M-ALI 23/02/2017 23:31

خیلی خوب است