La prise de sang du retour de la vengeance !

Publié le par La petite infirmière

La prise de sang du retour de la vengeance !

Nom de diou, de nom de diou ! M’exclamais-je en raccrochant le téléphone. Ça y est, mes jambes ont commencé à trembler et le petit cœur dans ma poitrine a tambouriné la chamade ! Mon chat noir, porte poisse, venait de téléphoner pour une prise de sang le lendemain. Ce monsieur qui, je ne sais pour quelle raison (enfin, si, je sais, sûrement à cause de son réseau veineux proche du néant !) était dans le top five de  mes patients impiquables, avait pris rendez-vous. Et le lendemain, c'était moi, l'infirmière !

Je ne suis pas une stressée de la vie mais là, tout de même je commençais à paniquer sévère.

Après une nuit quelque peu agitée (ponctuée de crises de somnambulite aigue : « pas la piqûre, pas la piqûre ! »), je me réveillais dans les choux, avec la désagréable impression d’avoir avalé une boule de bowling. Monsieur chat noir était mon premier patient de la journée et je pris mon courage à deux mains pour monter dans ma voiture et démarrer.

-« Bon, là ma cocotte, il va falloir te concentrer un p'tit peu et reprendre tes esprits… ».

Au loin, on apercevait déjà la silhouette de la maison. J’avais envie de faire une marche arrière à la « Shérif, fais-moi peur ! » mais je n’en fis rien. Je continuais jusqu’au portail et mis un pied par terre, avec la motivation d’un Rambo serrant son bandeau pour partir au combat !

« Ding, dong », le monsieur vint m’ouvrir avec un « bonjour, mademoiselle la piqueuse » des plus sympathiques. Oui, ce monsieur, dont le réseau veineux était des plus détestables faisait partie de ces patients chez qui l’on resterait bien toute la journée, à boire le thé, en boulottant des petits gâteaux. Il restait adorable et compatissant face à mon incapacité à lui prélever ne serait-ce qu’un millilitre de sang. Il s’installa donc, comme à son habitude dans son fauteuil moelleux, pour être le plus à l'aise possible. Toutes les lampes étaient allumées, histoire d’y voir plus clair. Je sortis la boîte de prélèvement, fis une petite prière mentale et commençais à tâter l’avant-bras dans l’espoir de repérer ne serait-ce qu’une minuscule petite veine. Et là, miracle, j’eus, tout à coup, l’impression de percevoir quelque chose. Un petit rien, mais c’était déjà pas mal. Je soufflais un bon coup et introduisis mon aiguille. Pour un peu, j’aurais piqué les yeux fermés, tellement je craignais de voir le résultat ! Et bien non, le tube commençait à se remplir doucement. Je gardais mon calme le temps de finir le soin alors que je n’avais qu’une envie : sauter de joie, faire une danse de la victoire et une grosse bise au monsieur. Je levais simplement les yeux vers mon patient qui souriait et lui lançais un : « ça, c’est la prise de sang du retour de la vengeance ! » qui le fit pouffer de rire….

 

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