Pipi, caca, prout !

Publié le par La petite infirmière

Pipi, caca, prout !

 

Comme toute infirmière (j’espère ne pas être la seule dans ce cas), je parle sans difficulté des trucs « cra-cra » que je rencontre au cours de la journée car rien ne me rebute : ni les pansements coulants, ni le pipi ni le caca ni même le vomi ! Bon, peut-être quand même les habitants que l’on ne rencontre (heureusement) que très rarement en ouvrant certains pansements. Oui, c’est vrai, j’avoue, j’ai un haut-le-cœur rien qu’en regardant une sauterelle (dommage, lorsque l’on habite à la campagne !) alors trouver quelques petits asticots blancs sur une plaie est la pire chose qui puisse m’arriver. Hormis ce détail, rien ne me fait peur et j’en parle naturellement le soir lorsque la famille est réunie autour d’un bon repas. Seulement voilà, le hic car il y en a un, est que je suis la seule à aimer cela. Lorsque je lance un sujet un peu craouette, je sens quatre paires d’yeux se tourner vers moi, le genre "regard implorant de ne pas en dire plus sous peine de dégobiller les pâtes à la bolognaise à peine digérées". Quelle bande de petites natures ! Mes enfants, surtout, détestent au plus haut point que « je parle de mon travail » (comme ils disent !) parce que « franchement, maman, je pourrais jamais faire ton boulot ! Le sang, tout ça, très peu pour moi ! ».

 

Du coup, pour passer le flambeau (si je veux pouvoir transmettre à ma progéniture les clés du cabinet !), il va falloir prendre quelques pincettes :

-« tu vois, ma nénette, je fais des trucs super à mon travail, des pansements trop bien, des piqûres géniales. Tu seras peut-être infirmière toi aussi ! ».

Je vois bien que Pâquerette ne m’écoute qu’à moitié, trop occupée à coiffer son petit poney.

-«  moi, j’aime bien faire les piqûres à Woody » (hé oui, la pauvre poupée Woody de Toy Story s’est déjà pris une série d’une bonne cinquantaine d’intramusculaires dans le derrière !)

Quoi ! Qu’entends-je ? Hourra, je fais le V de la Victoire, la danse de la joie ! Enfin un digne successeur !

Gardons quand même une certaine réserve, car entre soigner ses poupées et apprécier les histoires de pipi-caca de son infirmière de maman, il y a un gouffre ! Alors, en attendant, je prends plaisir à raconter de temps en temps une anecdote un peu cradouilloue, juste pour voir la tête décomposée de mes enfants et pour entendre un « beurk ! Dégueu ! » lancé à l’unisson ! Rhooo, la vilaine infirmière !!!!

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