Le peigne et la gomina...

Publié le par La petite infirmière

The king...

The king...

À chaque visite, le même plaisir : le découvrir derrière sa porte, le découvrir comme pour la première fois, la barbe parfaitement rasée, les cheveux gominés, la chemise repassée. Je rentre dans la cuisine, tout est propre : vaisselle rangée, serpillère passée.

" J'aime bien que tout soit fait quand vous venez", c'est ce qu'il dit. Et moi, je reste chaque jour étonnée de le trouver prêt en temps et en heure. Chaque jour ravie de frapper à la porte et de le trouver là, impeccable, tirer à quatre épingles. Pas n'importe quelle épingle, des épingles de vie parce qu'autour de lui, le monde, son monde est dévasté. Il vit seul depuis quelques années, ses enfants sont loin et la maladie, elle, est de plus en plus proche. Malgré tout, il s'accroche. Il ne lâche rien et maintient ses habitudes comme pour maintenir la tête hors de l'eau : se lever tôt, prendre le temps de se préparer, nettoyer sa maison pour que tout soit ordonné, pour que sa vie ait encore un sens. Notre visite quotidienne, ma collègue ou moi prend pour nous aussi un sens : il n'y a pas que le soin. Il y a un but, un objectif : le voir se lever le matin pour quelque chose, pour qu'il continue à prendre soin de lui. Le temps du soin est un temps de discussion et d'échange, souvent le seul de sa journée alors même les jours de galère, j'essaie toujours de prendre quelques minutes pour rester à ses côtés, juste pour le plaisir de le voir continuer à se battre. Une bataille contre le laisser-aller parce que se laisser-aller, c'est pour lui tout abandonner et se perdre. Juste quelques minutes, parce que moi aussi, égoïstement, cela me donne envie aussi de continuer à me battre et à avancer.

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