Le lavement de la mort qui tue !

Publié le par La petite infirmière

Un geiser...

Un geiser...

 

C’était par une chaude matinée d’été, j’arpentais les chemins la clim à fond les ballons, histoire de ne pas fondre sur place quand mon téléphone s’est mis à sonner : tin nin na nin... (b.o de Strangers Things = sonnerie du moment). Je freinais prudemment (avec une vitesse moyenne de 75-80, difficile de freiner brusquement !!!!) et me garais sur le bas-côté pour répondre :

- Faudrait venir pour le lavement ! Suis encore bloquée !

 

À ce moment précis, j’ai pensé : j’ai envie de tout sauf de cela pour finir la tournée et j’ai dit à la place : ok, pas de problème, je viens dans un moment.

Le moment (tant rêvé) est arrivé. J’ai emprunté le chemin de terre qui mène à la petite maison, j’ai frappé et suis entrée. La dame avait tout préparé sur la table et m’a accueillie avec autant d’enthousiasme qu’un enfant qui voit arriver le père Noël au petit matin après l’avoir attendu des heures, courbaturé sur les marches de l’escalier (ça sent le vécu !).


- Venez entrer. On va se mettre dans la salle de bains, ce sera plus facile.

 

C’est ce que l’on a fait. On s’est installée dans la minuscule salle de bain surchauffée, j’ai cru que ma dernière heure était arrivée et que j’allais finir en sardine (boudinée dans sa boîte et grillée sur place). Je déplaçais mon bras tant bien que mal tandis que la dame se mettait en place. J’ai pensé : il va falloir faire cela "vite fait bien fait" avant de me noyer dans ma propre sueur et j’ai dit : détendez-vous, on y va. Le geste fut précis, rapide et efficace. Je laissais la dame dans l’intimité de l’instant et elle me rejoignit un moment après visiblement soulagée. Le soin était fini. Nous avons discuté un moment le plus naturellement possible de tout et de rien, en ayant pris soin d'effacer instantanément de nos esprits ce qui venait de se passer dans la minuscule salle de bains (je conservais cependant quelques souvenirs de la température extrême qui régnait dans le sauna, enfin je veux dire la salle de bain : deux belles auréoles sous les bras et une humidité pas très agréable au niveau de la nuque). J’ai rejoint ma voiture en me disant que c’était quand même un drôle de métier que je faisais là, que les soins ne faisaient pas toujours rêvés (on était loin de l’adrénaline du « Allez vite, faites nfs, iono, chimie standard » de la série Urgences), qu’il y avait quand même de l’ingrat là-dedans. J’ai pensé à mes enfants qui me disaient souvent : « je ne sais pas comment tu fais... » et je me suis dit : je le fais c’est tout. Je le fais même si je préfèrerais être n'importe où ailleurs à ce moment précis (sur un transat aux Maldives en train de boire un mojito pourquoi pas !). Je le fais sans me poser vingt milliards de questions, sans être gênée parce que cela fait partie du job voilà tout, parce que comme on dit : un soin fait n'est plus à faire !

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Aurelie 02/08/2018 19:39

Je suis et lis assidûment votre blog. Je ne m'étais pas rendu compte de tout ce qui est fait par un(e) infirmier(e) à domicile avant d'avoir eu des soins à faire l'année dernière, par 2 infirmières formidables ! Je trouve que pour des situations difficiles, comme ici, vous arrivez à tourner ça avec une pinte d'humour ! Je vous tire mon chapeau ! Bon courage à vous et en attendant le prochain article ! Aurélie

La petite infirmière 02/08/2018 22:57

Merci aurélie. C’est toujours plus facile à raconter avec une pointe d’humour. Bises de la prairie ❤️