Journal de la prairie jour 24

Publié le par La petite infirmière

Journal de la prairie jour 24
 

Ce matin, le réveil a été difficile. Un vilain poids s’était mis en travers de ma poitrine, comme si une poignée de gnocchis collants appuyait sur mon estomac. De méchants cauchemars avaient perturbé ma nuit (le genre qui mélange Freddy Krueger, les souvenirs d’études d’infirmière et le chien-chien !) et une peur insidieuse s’était faufilée dans mes entrailles. En bref, j’ai démarré la tournée tendue comme un arc (c’est quand même plus classe qu’un string !). J’ai envoyé un sms à ma collègue de l’autre tournée pour savoir comment c’était passé sa nuit : pas mieux ! Nous avons donc entamés, chacune de notre côté, le boulot dans un état « bof » (comme je dis souvent). Mi-figue, mi-raisin. Pas dans le précipice mais bien au bord quand même ! C’est difficile parfois de parler de la trouille que l’on peut avoir en ce moment. On ne veut pas affoler les proches donc on n’essaie de ne pas trop leur montrer. On en parle un peu entre nous, entre collègues. C’est un sentiment bizarre, difficile à décrire, mélangeant angoisse et insécurité... Angoisse de voir comment les choses vont tourner. Insécurité de ne pas savoir si on pourra faire face si tout part en vrille avec le peu de matériel que l’on a. Le décalage entre ce que l’on ressent et l’image de héros que l’on clame haut et fort en haut de l’État est immense. Un héros, c’est costaud. Un héros n’a jamais peur, ne craint rien ni personne. Pourtant, la peur est là, celle de ne pas y arriver et aussi de contaminer et d’être contaminé. Il n’y a pas de héros ! Juste des gens qui font tout ce qu’ils peuvent pour faire leur métier. 

 

Ce soir, la sérénité a repris place dans ma poitrine et je me dis que les choses vont bien se passer, qu’il n’y a pas de raison... Je fais un pas en arrière pour m’éloigner du précipice...

 

Cette période vraiment étrange est un Grand-huit où les sentiments font le yo-yo tout au long de la journée, alternant des moments d’angoisse et d’autres plus sereins, fatiguant les corps et épuisant les âmes...

 

À demain, les zamis. Prenez soin de vous...

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catherine 10/04/2020 21:23

Comme tout est bien décrit....Nous vivons et analysons les choses de la même manière.
Bonne nuit et bon courage pour la suite.
Prenons soin de nous.