Le blog d'une infirmière libérale. Histoires et anecdotes d'une petite infirmière de campagne en vadrouille qu'il pleuve, qu'il vente et aussi quand le soleil se pointe. Une petite infirmière qui râle un peu, pleure de temps en temps et sourit beaucoup....Bienvenue à toi, viens sur mon blog prendre le bon air de la prairie...
2 Avril 2020
Aujourd’hui c’est le septième jour de confinement. On a donc attaqué la deuxième semaine et l’air semblait plus lourd pendant la tournée de ce matin. Les gens cherchaient désespérément des masques. Le temps de déposer les quelques prises de sang urgentes à la pharmacie, plusieurs personnes sont entrées pour demander si des masques étaient disponibles. Les filles de la pharmacie ont dû répéter au moins trois-quatre fois (le temps que j’étais là-bas) que « non, les masques étaient réservés aux professionnels de santé ». Elles doivent le faire tout au long de la journée et c’est épuisant de râbacher sans cesse la même chose alors que tout le monde tente de se protéger (il semble quand même plus logique de rester chez soi plutôt que de se rendre à la pharmacie pour demander des masques). Le stress montant, le cœur des gens est comme une énorme éponge. Dans beaucoup de maisons, la télé allumée 24heures sur 24 (notamment sur les infos en continu dont je ne citerais pas de noms, ça leur ferait de la pub !) ne fait que rajouter des couches d’angoisse à cette éponge déjà bien gonflée par tout ce qui se passe. Au fond, on est tous des Bob l’éponge 😉 (ce sera la phrase un peu tordue certes, mais hautement philosophique du jour) !
Comme d’hab (j’ai envie de dire), entre les deux tournées, on a fait les devoirs ou les cours ou je ne sais comment appeler tous ces machins scolaires... Je bouillonnais à côté du soldat numéro 3 qui faisait de la grammaire et des phrases avec des mots à remettre dans l’ordre, genre : « marre Maman des en devoirs. déjà a ». Je me suis retenue (presque en mordant mes lèvres tellement les mots avaient envie de sortir de ma bouche) de lui dire : « mais bon dieu, tu peux pas écrire plus vite ! ». La pauvre gamine n’est qu’au cp et c’est déjà assez compliqué comme cela sans qu’elle ne pense que sa mère est complètement zinzin !
Heureusement pour moi, j’arrive encore à suivre le niveau cp. Pour ce qui est de la troisième et la seconde, c’est déjà plus compliqué :
-« M’man, c’est quoi une figure de style ? »
-« Une figure qui ? (moi haussant les épaules et faisant une tête de « j’en sais rien du tout, du moins l’ai oublié depuis de longues années »). Heu, heu, regarde peut-être sur internet, ce sera plus sûr (pour une fois,merci Google !) ».
Enfin, bon, je me dis que d’ici quelques jours encore, on sera complètement rôdé, du moins j’espère car je crains le moment où il faudra aider pour une dissert’ totalement in english (vu mon niveau d’anglais, cela ne va pas être de la tarte, not going to be pie !) !
Bon, les zamis, je vous dis à demain et surtout prenez soin de vous !
Ps : l’escape game n’était vraiment pas une bonne idée pour miss soldat numéro 3, deux nuits que son sommeil est agité et qu’elle nous a annoncé que sa peur numéro 1 (encore plus que les requins qui la traumatisent autant qu’ils la passionnent alors qu’elle n’a même pas vu « les dents de la mer » !) était les zombies. Mince, alors...
Infirmière de campagne, j’arpente les chemins en long, en large et en travers. Je sonne aux portes et dis « bonjour, comment ça va aujourd’hui ? ». Ah oui, j’écris aussi des histoires sur ce et ceux que je rencontre au quotidien parce qu’il y a de l’extraordinaire dans chaque vie ordinaire...
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