Le blog d'une infirmière libérale. Histoires et anecdotes d'une petite infirmière de campagne en vadrouille qu'il pleuve, qu'il vente et aussi quand le soleil se pointe. Une petite infirmière qui râle un peu, pleure de temps en temps et sourit beaucoup....Bienvenue à toi, viens sur mon blog prendre le bon air de la prairie...
1 Mars 2016
Lorsque le réveil a sonné, il m'a semblé que l'on était en plein milieu de la nuit. Je me suis levée, tout engourdie, avec la sensation qu'un trente-huit tonnes m'avait roulé dessus. J'avais mal partout, au corps et au coeur. Pas envie de reprendre le travail, pas envie de sortir du lit. Mon coussin me criait de rester. Ma couette s'était enroulée autour de moi pour me retenir prisonnière. Ressemblant à un rouleau de printemps géant, je luttais pour me débarrasser de l'un et de l'autre. Enfin debout, je marchais comme un robot jusqu'à la salle de bain, frissonnant de froid et d'une angoisse inexpliquée. La même angoisse que lorsque je me levais pour l'école après quinze jours de vacances. Avec mes sœurs, le cœur serré, on descendait déjeuner. Personne ne disait mot, le nez dans son Banania dans une ambiance morose de lendemain de fête. Une fois à l'école, notre coeur reprenait vie en retrouvant les copains-copines. Mais, le temps du trajet ressemblait à un long tunnel sombre qui séparait deux mondes : celui de la maison avec le cocon familial fait de grasses matinées, de jeux, de goûters et de veillées et celui de l'école, des amis, de l'autonomie et de l'apprentissage. Le passage du tunnel s'apparentait à une descente en apnée où des sentiments contraires se mêlaient (la nostalgie des jours passés et l'excitation des retrouvailles).
J'ai de nouveau traversé le tunnel ce matin. Il m'a fallu le temps d'une descente en apnée pour me remettre dans le bain. Je me suis mise au travail, j'ai repris mes automatismes. J'étais motivée, prête à affronter ma première journée.
Et lorsque mes enfants m'ont appelée pour me dire qu'ils n'avaient pas envie d'aller à l'école, que les vacances leur manquaient déjà, je les ai rassurés en leur disant qu'une fois le tunnel traversé, le jour était à nouveau clair. J'ai ri lorsqu'ils m'ont dit qu'ils ne comprenaient pas ce que je disais.
Ce n'est pas grave, je leur expliquerai ce soir en rentrant lorsque nous nous retrouverons. Là, chacun racontera sa journée, sa première journée de reprise...
Infirmière de campagne, j’arpente les chemins en long, en large et en travers. Je sonne aux portes et dis « bonjour, comment ça va aujourd’hui ? ». Ah oui, j’écris aussi des histoires sur ce et ceux que je rencontre au quotidien parce qu’il y a de l’extraordinaire dans chaque vie ordinaire...
Voir le profil de La petite infirmière sur le portail Overblog