Le blog d'une infirmière libérale. Histoires et anecdotes d'une petite infirmière de campagne en vadrouille qu'il pleuve, qu'il vente et aussi quand le soleil se pointe. Une petite infirmière qui râle un peu, pleure de temps en temps et sourit beaucoup....Bienvenue à toi, viens sur mon blog prendre le bon air de la prairie...
3 Mars 2020
Et vous allez distribuer des masques, vous ?
Elle m’a posé la question au moment où je remettais mon manteau.
Pour l’instant, on ne sait pas parce que l’on n'a aucune info.
Mais vous devriez en mettre un car vous allez dans toutes les maisons et si quelqu’un est malade, vous allez contaminer tout le monde !
Je sentis que le ton de sa voix avait légèrement changé, un sentiment de peur l’avait envahie. De peur et de suspicion.
J’ai tenté de la rassurer en lui disant que pour l’instant, cela ne servait à rien de paniquer, mais en sortant de chez elle, un désagréable sentiment d’ agacement s’est infiltré dans chacun des pores de ma peau. Je montai dans ma voiture et le son de la radio emplit l’habitacle : « le coronavirus... Le coronavirus... Le coronavirus... ». Je changeai de station et les mêmes infos se firent entendre. Rien sur la réforme des retraites et le 49.3, mais une rengaine angoissante sur le virus. Je pris le chemin de la prochaine maison en éteignant la radio et j’arrivai, perdue dans de sombres pensées, devant la porte du patient suivant : « Quand faudra-t-il se protéger ? Devra-t-on le faire davantage que pour une épidémie de grippe ? ». En descendant de la voiture, je tentai de chasser les traces de peur qui commençaient à s’emparer de moi. La peur, ce sentiment dont la particularité est de s’infiltrer en nous comme un poison, occupant notre esprit et détournant nos pensées vers un seul but : douter, devenir vulnérable et regarder dans une seule direction...
En attendant que la porte de la maison s'ouvre, je me dis que le coronavirus allait peut-être progresser, mais qu’en tous cas la peur, elle, avait envahi tout le terrain....
Infirmière de campagne, j’arpente les chemins en long, en large et en travers. Je sonne aux portes et dis « bonjour, comment ça va aujourd’hui ? ». Ah oui, j’écris aussi des histoires sur ce et ceux que je rencontre au quotidien parce qu’il y a de l’extraordinaire dans chaque vie ordinaire...
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