Les petits plaisirs

Publié le par La petite infirmière

Les petits plaisirs

Lorsque je déprime toute seule dans ma voiture, j'ai quelques petites astuces pour que mon pêchomètre remonte en flèche. Ce sont des petits plaisirs simples qui sont mes madeleines de Proust et qui deviendront peut-être les vôtres. Rien de tel pour retrouver la patate. Attention, vous êtes prêts ? C'est parti :

- Tout-d'abord choisir une bonne musique pour m'accompagner tout le long du chemin. On The Road again, oh yé ! J'aime choisir un album inconnu et le découvrir tout au long de la tournée. Comme, on dit la musique adoucit les mœurs. Marre des journalistes qui répètent en boucle les mêmes infos plus catastrophiques les unes que les autres.

- Écouter un livre audio. J'ouvre mes écoutilles comme lorsque j'étais enfant et que ma mère me lisait l'histoire du soir. Je plonge entre deux patients dans une aventure fantastique, romantique ou dramatique.

- Faire une halte à la boulangerie et m'acheter des malabars.

- M'arrêter également à l'épicerie et me payer une petite bouteille de limonade que je bois en mangeant mes malabars.

- Penser aux gens que j'aime, à ma famille et à mes amis qui sont loin et me remémorer des moments de rire passés avec eux.

- Me dire : " vivement ce soir, pour voir mes enfants et mon amoureux et partager ne serait-ce qu'un baiser avec eux".

- Envoyer des SMS rigolos à la collègue qui travaille avec moi. Cela détend franchement l'atmosphère.

- Écouter " rire et chansons", pour rire de ce que j'entends et de la tête du monsieur qui de sa fenêtre me regarde me marrer toute seule dans ma voiture.

- Imaginer que je suis " magnéto" des X-mens et qu'avec ma main j'arrive à faire s'envoler les voitures qui arrivent en face. Ça c'est bien un truc de geek mais on ne se refait pas.

- Faire des chorégraphies avec mes bras et chanter à tue-tête. Bon, je ne suis pas encore prête pour "The Voice" mais ce n'est pas grave !

Voilà, j'avais envie de partager mes petits trucs pour garder le moral en ces temps difficiles. Ce sont des choses simples qui me font rire, qui m'émeuvent ou me rappellent mon enfance. Un nid douillet dans lequel j'aime me recroqueviller. Un peu de douceur dans ce monde de brutes...

Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulées dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi.

Proust - Du coté de chez Swann - A la recherche du temps perdu

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