Lettre ouverte aux casse-noisettes

Publié le par La petite infirmière

Lettre ouverte aux casse-noisettes

A tous ceux qui disent : "Votre collègue, elle fait pas comme ça", et que l'on ne sait pas si on fait bien ou non...du coup on est toute perdue....

A tous ceux qui disent : " C'est vous demain?" , que vous répondez "oui" et qu'ils lancent mi-figue, mi-raisin : "Ah, d'accord...". Là aussi, on ne sait pas s'ils sont contents ou non, mystère...

A tous ceux qui vous disent quand vous arrivez haletante, transpirante, les cheveux en bataille, après avoir piqué un 100 mètres digne d'Usain Bolt : "J'ai cru que vous m'aviez oublié, un peu plus et je déjeunais!"

A tous ceux qui ne vous décrochent pas un sourire alors que vous tentez même de faire un peu d'humour ( et c'est pas gagné!), même si c'est la première fois qu'ils vous voient et qu'ils ont l'habitude d'avoir la visite de votre collègue.

A tous ceux qui disent que pour la prise de sang 7h30 c'est beaucoup trop tôt et 8 h beaucoup trop tard !

A tous ceux qui téléphonent après 20h30 en disant qu'il y a une prise de sang urgente à faire et que le lendemain on se rend compte que l'ordonnance date d'il y a 6 mois.

A tous ceux qui négocient sans arrêt les horaires. Non, 14h30 c'est trop tard pour la prise de sang et c'est le seul moment où je peux rentrer chez moi !

A tous ceux qui ne sont pas là quand on arrive.

A tous ceux qui nous disent : "On vous a appelé pour la toilette de la mémé parce qu'avec vous les infirmières on ne paie pas." Vive la sécurité sociale !!!

Heureusement, c'est une espèce rare dans nos campagnes. Les gens comprennent que l'infirmière court partout, que le travail ne manque pas, qu'il y a la route à faire, qu'il y a des urgences.

Aux casse-noisettes, je tiens à leur dire que derrière les sourires de façade, on bouillonne parce qu'on ne fait pas exprès d'arriver en retard (eh oui ! Il y a d'autres personnes avant, il y a des tracteurs qu'on ne peut pas doubler, il y a des troupeaux en travers des routes, même si notre voiture fait beaucoup de choses, elle ne passe pas encore par dessus les vaches !), que l'on essaie de rester agréable et souriante malgré le travail et qu'on aimerait parfois un tout petit peu de reconnaissance. A bon entendeur, salut...

Lettre ouverte aux casse-noisettes

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Lebreton Angélique 29/02/2016 07:46

Mdr je viens de lire votre article et je n'avais qu'une envie .... l'imprimer en plusieurs exemplaires pour le donner à mes patients !!!